Market Monitor - Focus sur le secteur agroalimentaire - Allemagne

Market Monitor

  • Allemagne
  • Agroalimentaire

17 déc. 2015

Recul des ventes en 2015.

  • Recul des ventes en 2015
  • Augmentation des faillites attendue à long terme
  • Les nombreux cas de fraude restent une préoccupation

 

Market Monitor Food Industry Germany Overview

 

Selon l'association de l'industrie agroalimentaire allemande BVE, le chiffre d'affaires nominal a diminué de 1,7% en 2014, à 172,2 milliards d'euros. Ce déclin a été suivi d'une autre baisse de 4,4% au premier semestre 2015, à 81,9 milliards d'euros. Tandis que les ventes domestiques diminuaient de 6,5% pour s'établir à 55,8 milliards d'euros, les ventes à l'exportation enregistraient une modeste croissance de 0,5%, à 26,1 millions d'euros. Les ventes réelles (domestiques et exportations) ont diminué de 2,1%.

Malgré le recul des ventes, les entreprises du secteur restent correctement capitalisées, mais les grands groupes et les entreprises productrices disposent souvent de fonds propres plus importants que les grossistes et les détaillants. En termes de solvabilité et de liquidités, les grandes sociétés sont généralement mieux financées que les petites entreprises. La toute-puissance des grands détaillants et des discounters sur le marché, la concurrence acharnée et les guerres de prix qui font rage dans le secteur de la distribution signifient que les producteurs, les transformateurs et les fournisseurs de produits alimentaires ont des difficultés à répercuter les coûts. Il s'ensuit que leurs marges bénéficiaires déclinent depuis plusieurs années, et cette tendance continue. Ces dernières années, les discounters alimentaires, en particulier, ont changé leur modèle d'approvisionnement en réduisant le nombre de leurs fournisseurs pour se concentrer sur un nombre restreint de grands fournisseurs.

Néanmoins, malgré les problèmes que connaît l'agroalimentaire, de nombreuses entreprises de tous les sous-secteurs sont prospères. L'industrie agroalimentaire est un secteur non cyclique, donc moins volatile que d'autres. En outre, les exportations du secteur ont quasiment doublé depuis le milieu des années 90, offrant des opportunités d'affaires à l'étranger. Cependant, les efforts des entreprises fortement axées sur l'exportation pour trouver d'autres destinations ou pour augmenter leurs ventes vers d'autres marchés étrangers à la suite de l'embargo russe sur les produits alimentaires n'ont eu à ce jour qu'un succès limité.
 

 

Germany: Food and beverages sector

 

Viande/produits carnés

La viande et les produits à base de viande sont de loin le sous-secteur le plus important. Celui-ci est contrôlé par quelques grands opérateurs de la transformation de la viande qui ont créé ces dernières années des groupes entièrement intégrés verticalement. L'augmentation de la demande mondiale de viande a offert des opportunités d'affaires à l'industrie allemande de la viande et donné un coup de pouce aux marges bénéficiaires des entreprises fortement exportatrices. Cependant, les surcapacités qui caractérisent le secteur allemand de la viande et de la transformation de la viande ont pour conséquence que les fournisseurs de produits non essentiels et ceux qui n'exportent pas sont en danger de se retrouver, à plus ou moins brève échéance, exclus du marché.
 

Lait et produits laitiers
Après une évolution favorable en 2013 et jusqu'au début de 2014, attribuable aux prix élevés du lait et à l'accroissement des volumes, les producteurs de lait ont pâti d'une baisse substantielle de ces prix en 2015. Toutefois, en raison de ce problème et du fait qu'ils avaient été pénalisés pour avoir dépassé les quotas laitiers de l'UE avant l'abolition de ceux-ci en avril 2015, l'UE leur a octroyé des subventions spéciales.

Fruits et légumes
En raison du léger déclin des prix du marché imputable aux volumes d'offre plus importants (et également à cause de l'embargo alimentaire russe), la valeur des ventes augmente moins que leurs volumes. Il s'ensuit que les marges bénéficiaires continuent à diminuer.

Boissons
Malgré la baisse des coûts des matières premières (céréales et sucre), les prix de vente dans l'industrie allemande des boissons (bières, eaux minérales, boissons non alcoolisées, etc.) restent sous pression du fait d'une moindre consommation, d'une plus grande sensibilité des consommateurs aux prix, des surcapacités et des ventes à prix discount. Le secteur allemand de la bière connaît actuellement une concentration et une consolidation continues, ainsi qu'un changement de comportement des consommateurs. Le nombre de brasseries s'avère encore trop élevé et nombre de celles-ci sont trop petites pour être compétitives. Pour essayer d'inverser la tendance générale au déclin des ventes de bière, de nombreuses brasseries allemandes ont commencé à offrir des boissons innovantes faiblement alcoolisées à base de bière et des bières artisanales, qui sont, et resteront probablement des produits de niche dont la part de marché restera modeste. Les marges bénéficiaires de ce segment continuent à se rétrécir.En général, les producteurs et grossistes agroalimentaires paient à 30 jours en moyenne, tandis que les conditions de paiement des distributeurs varient souvent de 45 à 90 jours, voire plus. Nous n'avons constaté aucune augmentation des notifications de non-paiement au cours des derniers mois, et cette situation devrait perdurer.

Comme les entreprises de transformation alimentaire et les détaillants exigent de leurs fournisseurs des délais de paiement plus longs pour améliorer leurs fonds de roulement, une vague d'allongement des délais est en train de se propager tout le long de la chaîne d'approvisionnement. Les marges bénéficiaires, déjà faibles, sont en baisse. Grâce à une conjoncture économique qui reste bonne en Allemagne, les faillites dans le secteur agroalimentaire n'ont pas connu d'augmentation récemment. Toutefois, à moyen terme, le nombre de défauts pourrait augmenter, menaçant surtout les petits acheteurs et les plus faibles financièrement.
 

 

German food sector: strengths and weaknesses

 

Le secteur agroalimentaire étant encore robuste, notre stratégie de couverture reste généralement souple. Cependant, nous ne pouvons en principe couvrir des acheteurs qui opèrent depuis moins d'un an que s'ils sont liés à des entreprises ou à des groupes bien établis. S'il y a des signes indicateurs d'une dégradation des finances d'un acheteur, nous renforçons notre surveillance en demandant des états trimestriels et l'historique récent des paiements.

Le secteur a connu un nombre considérable d'affaires de fraude; or celles-ci continuent à augmenter tout en devenant de plus en plus sophistiquées. Par conséquent, nous sommes particulièrement attentifs au nombre de limites de crédit qui sont demandées dans un bref laps de temps, notamment lorsque les acheteurs sont récemment établis et que la direction et/ou les actionnaires ont récemment changé ou que le secteur d'activité de l'acheteur n'est pas cohérent avec les marchandises commandées (par ex. une entreprise métallurgique commandant des produits alimentaires).

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