L’humain derrière l’analyse de crédit
Nora Marzari - Underwriter
Nora Marzari - Underwriter
Comment expliqueriez-vous votre métier d’analyste crédit à quelqu’un qui ne travaille pas dans la finance ?
Imaginons une entreprise X qui livre des marchandises à un client Y et lui accorde un délai de paiement. Pendant ce temps, le client dispose déjà de la marchandise, tandis que l’entreprise X prend le risque de ne pas être payée. Mon rôle consiste à analyser la capacité du client Y à payer ses factures. Sur cette base, nous accordons une limite de crédit. Si l’entreprise X n’est finalement pas payée, elle peut introduire un sinistre et nous l’indemnisons.
En quoi votre travail est-il différent de ce que les gens imaginent généralement ?
Beaucoup pensent que je travaille dans une assurance classique et me demandent parfois des conseils pour leur assurance voiture. L’assurance-crédit reste encore très méconnue.
Que signifie pour vous la métaphore de l’assurance-crédit comme « détecteur de fumée » ?
Pour une entreprise, l’assurance-crédit est une véritable sécurité. On se rend souvent compte de son importance lorsqu’un impayé survient. Grâce à nos analyses, les fournisseurs assurés reçoivent les informations les plus récentes sur la solidité financière de leurs clients.
À quel moment savez-vous qu’il faut être particulièrement vigilant ?
Pas de nouvelles = mauvaises nouvelles. La communication avec les clients de nos assurés est essentielle dans notre analyse.
Quel est l’aspect le plus difficile dans la prise de décisions de crédit ?
Nos décisions peuvent être déterminantes pour une entreprise. Si nous supprimons des limites de crédit, cela peut avoir un impact important. L’aspect humain est donc parfois difficile à gérer. Mais les chiffres restent essentiels, et souvent la première intuition est la bonne. Nous essayons toujours de trouver le juste équilibre.
Quelle est l’importance de la collaboration et du contact humain dans votre métier ?
Elle est cruciale. Le dialogue avec les clients de nos assurés nous permet d’établir une relation de confiance et d’obtenir des informations qui nous aident à maximiser les limites de crédit.
Comment le métier d’underwriter a-t-il évolué ces dernières années ?
La technologie peut traiter les dossiers très clairs, positifs ou négatifs. Mais dès que la situation devient plus nuancée, les dossiers « gris », l’expertise humaine reste indispensable.
Qu’avez-vous étudié et quelles qualités vous aident le plus dans votre rôle ?
J’ai d’abord passé un an aux États-Unis pour apprendre l’anglais, puis j’ai suivi trois ans de bachelier en comptabilité et deux ans de master en sciences de gestion, spécialisation finance. Mais le métier d’analyste crédit reste très particulier et s’apprend surtout sur le terrain.
Qu’est-ce qui vous motive chaque jour dans votre travail ?
L’équipe est excellente et l’environnement de travail est stimulant et exigeant.
En un mot
Chiffres ou personnes ?
Personnes
Excel ou café ?
Café
Du matin ou du soir ?
Du matin
Un mot qui résume l’underwriting ?
Décision