Ne faites pas passer la campagne avant l’économie.

28/01/2019 Dix ans après l’éclatement de la crise économico-financière, les marchés se montrent à nouveau particulièrement volatils. Opinion de Christophe Cherry, Country Director Atradius Belux.

Le Bel20 se trouve officiellement dans un marché baissier, les douze prochains mois sont émaillés d’incertitudes et le gouvernement Michel I a dû lui aussi mettre la clé sous la porte. 2019 sera clairement une année charnière. Si nous en sortons indemnes, c’est que l’économie belge repose sur des bases solides. Si nous trébuchons une fois de trop – vous avez dit Brexit ? -, une répétition du krach de 2008 n’est pas impensable.

La commémoration de la crise économico-financière a été célébrée avec un brin d’optimisme l’année dernière. Non sans raison d’ailleurs, car pour l’instant, notre économie se porte bien. Une saine croissance est au programme pour 2019, les gens trouvent plus rapidement du travail et les banques centrales assoupliront progressivement leurs taux d’intérêt (quoique pas toujours avec bonheur).

 

 

Il n’y a toutefois pas lieu de pavoiser. Ces dernières semaines, les catastrophes se sont succédées. Theresa May est à grand-peine parvenue à se maintenir à son poste de premier ministre, le Bel20 est à la baisse et sur le plan politique, Charles Michel a jeté l’éponge. Et c’est à chaque fois l’économie belge et européenne qui en fait les frais.

Les voyants sont au rouge

À première vue, 2019 ne promet guère mieux. L’économie turque vacille, le spectre d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pointe toujours à l’horizon et en Europe, Rome et Bruxelles fourbissent leurs armes pour un conflit budgétaire de longue haleine. Sans même parler du Brexit. Ceux qui, ces derniers mois, se sont laissé bercer par une confiance aveugle dans la poursuite de notre croissance économique ont depuis lors déchanté.

Plusieurs indicateurs montrent en effet que la période de croissance a peu à peu atteint son apogée. Il ressort de nos chiffres que la part des factures en souffrance en Belgique augmente pour la troisième année consécutive, que le recul des faillites touche à sa fin et que l’incertitude politique freine globalement la croissance économique. Bref, les voyants rouges s’allument de partout.

Quitte ou double

2019 sera à cet égard une année charnière. Les risques sont énormes, tout le monde le sait. Mais si nous sortons indemnes des douze prochains mois, nous pourrons dire avec certitude que nous nous sommes engagés sur la voie d’une croissance durable. Une économie qui survit à une crise gouvernementale, à un risque de guerre commerciale et au Brexit, est une économie forte.

Mais le contraire est également vrai. Si, en 2019, nous trébuchons une fois de plus, nous risquons de plonger dans une spirale négative de récession et d’incertitude croissante. Voilà un certain temps déjà que le scénario catastrophe, une répétition de 2008, n’est plus une chimère. Aussi, les entreprises feraient-elles bien de se couvrir contre ces risques croissants dans les prochains mois et de réfléchir à deux fois au sujet des partenaires avec lesquels elles vont s’engager dans leur prochaine aventure.

Confiance

Les entrepreneurs, responsables politiques et organisations de la société civile partagent la responsabilité de préparer au mieux notre pays aux jours incertains qui l’attendent. La chute brutale du gouvernement n’est en aucun cas un signe encourageant. Voilà précisément la raison de cet appel aux décideurs : ce n’est pas le moment de jouer avec la confiance des investisseurs, des entrepreneurs et des citoyens. Nous nous passerions volontiers des déclarations ostentatoires qui minent les relations commerciales.

Si nous franchissons le cap de 2019, nous pourrons recueillir par la suite les fruits d’une croissance durable. Le scénario opposé, c’est moins de croissance, plus de chômage et, en fin de compte, une nouvelle crise. Décideurs politiques, à vous de choisir. Ne laissez pas la campagne prendre le pas sur notre économie.

 

 

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