Market Monitor - Focus sur le secteur agroalimentaire - Pologne

Market Monitor

  • Pologne
  • Agroalimentaire

17 déc. 2015

Le pays a géré efficacement l'embargo russe sur les produits alimentaires.

  • Embargo russe: pas d'effets négatifs majeurs
  • Délais de paiement: 45 jours en moyenne
  • Les nouvelles taxes sur les banques et les supermarchés pourraient affecter le secteur

Comme cela a été le cas en 2014, l'année 2015 se passe bien jusqu'à présent pour le secteur agroalimentaire polonais. Les producteurs de denrées alimentaires ont bénéficié d'une vigoureuse demande domestique – laquelle représente environ 70% des ventes – et d'une augmentation des exportations. Les entreprises ont prouvé qu'elles étaient capables de faire face à l'évolution des conditions du marché. Ainsi, l'embargo russe sur les produits alimentaires a, au départ, affecté les producteurs de pommes du segment polonais des fruits. Mais ceux-ci se sont immédiatement mis à la recherche de nouveaux marchés susceptibles de compenser la perte des exportations vers la Russie, ce qui leur a parfaitement réussi, puisqu'ils sont devenus les leaders mondiaux de la production de jus de pomme.

En 2015, les exportations polonaises de produits alimentaires devraient enregistrer un record historique d'environ 25 milliards d'euros (contre 21,3 milliards en 2014). La principale destination des exportations polonaises reste l'UE (surtout l'Allemagne et le Royaume-Uni), mais la part des expéditions vers l'Asie et l'Afrique augmente.

L'industrie polonaise de la viande continue à croître; cependant, une part importante des investissements dans ce sous-secteur est financée en externe, si bien que les entreprises sont fortement endettées. Le secteur polonais de la viande produit majoritairement du porc, mais cette production diminue en raison de la faiblesse des prix du porc et de la baisse de la rentabilité, en partie imputables à l'embargo alimentaire russe. Mais d'autre part, la production de volaille a doublé en dix ans, atteignant 2,2 millions de tonnes en 2014, et les résultats devraient encore augmenter en 2015. La Pologne est ainsi devenue l'un des plus grands producteurs de volaille de l'UE, cette production étant stimulée par l'accroissement de la demande domestique et la hausse des ventes à l'exportation.

Pour le secteur des produits laitiers, l'abolition des quotas laitiers de l'UE en avril 2015 s'est traduite par davantage de défis à court terme. Toutefois, à long terme les agriculteurs et les producteurs de lait polonais pourraient bénéficier de la levée des limites de production, en utilisant pleinement leurs capacités de production pour remplacer la part de marché russe qu'ils ont perdue.

Vu la fragmentation qui caractérise actuellement le secteur agroalimentaire polonais, la poursuite du processus de concentration et de consolidation est fort probable. Ce processus est d'ailleurs déjà en cours dans le segment de la transformation des aliments avec l'appui de fonds d'investissement; dans le segment des producteurs, en revanche, la consolidation ne fait que démarrer.

Le défi qui attend prochainement les grandes chaînes de supermarchés (étrangères, pour la plupart) pourrait marquer un changement dans les politiques économiques: le parti polonais Droit et Justice, qui a remporté les élections législatives d'octobre 2015, a annoncé son intention d'introduire début 2016 une taxe extraordinaire sur les supermarchés afin de protéger les petites entreprises de distribution domestiques.

Des difficultés pourraient aussi découler de la taxe extraordinaire sur les actifs bancaires, également prévue. Celle-ci pourrait en effet avoir un effet négatif sur le financement externe des entreprises polonaises – surtout pour celles du secteur agroalimentaire où la dépendance à l'égard du financement bancaire et l'endettement global sont élevés.

En moyenne, les délais de paiements dans le secteur agroalimentaire sont toujours de 45 jours environ. Nous pensons que le nombre de retards de paiement et de faillites devrait rester stable, voire même diminuer légèrement, au cours des prochains mois.

Comme les conséquences prévues de l'embargo russe sont bien loin de s'être concrétisées, notre politique de couverture du secteur agroalimentaire polonais reste très souple. Toutefois, l'introduction prévue de la nouvelle taxe nous rend plus prudents à l'égard du segment de la distribution. Il en va de même pour les segments des abattoirs, de la transformation de la viande rouge, des élevages de porc et des produits laitiers, dont les marges bénéficiaires sont en déclin.
 

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