Market Monitor - Focus sur le secteur agroalimentaire- Italie

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17 déc. 2015

L'année 2015 est marquée par un modeste rebond.

  • L'année 2015 est marquée par un modeste rebond
  • Les difficultés s'aggravent pour le secteur de la viande
  • Augmentation du risque de faillite pour les petits distributeurs de produits alimentaires

Le secteur agroalimentaire est l'un des plus importants d'Italie: il emploie environ 385.000 personnes et son chiffre d'affaires total s'est élevé à plus de 132 milliards d'euros en 2014. Après avoir souffert pendant plusieurs années du déclin de l'économie domestique, l'industrie agroalimentaire a bénéficié de la baisse des prix des matières premières et de l'énergie et ses performances se sont stabilisées en 2014. En 2015, une modeste hausse de la production (+1,1%) et du chiffre d'affaires (+0,3%) est attendue, attribuable principalement à la croissance des exportations (+6%). Le secteur a pu compenser les pertes causées par l'embargo russe sur les importations par des exportations plus importantes vers les États-Unis et l'UE.

Les marges ont diminué en 2015, mais devraient rester stables en 2016. Un statu quo est également prévu l'année prochaine en matière de retards de paiement et de faillites.

En 2015, la production laitière s'est affichée en hausse en valeur absolue, mais pas suffisamment pour compenser la baisse des prix du lait, ce qui a pesé sur les marges des entreprises. La demande plus faible de la Chine et l'embargo russe sur les produits alimentaires ont renforcé cette pression. En revanche, les exportations de produits laitiers italiens vers les États-Unis, le Japon, les Émirats Arabes Unis et la Corée du Sud ont augmenté. Toutefois, à moins que les prix du lait ne repartent à la hausse, les perspectives pour 2016 restent moroses. Les segments du beurre et de la poudre de lait enregistrent à nouveau les meilleures performances de ce sous-secteur.

Quant aux céréales, les prix des matières premières ont été bas dans l'ensemble, sauf les prix du blé, qui sont restés volatiles après le pic de fin 2014/ début 2015. Par ailleurs, le prix du blé a eu une incidence négative sur les marges des minoteries. Les segments des pâtes alimentaires et de la boulangerie ont bénéficié de la solide réputation du "Made in Italy" à l'étranger: les exportations ont augmenté tandis que les performances domestiques restaient neutres. Les prévisions restent positives, avec une croissance qui devrait être au rendez-vous aux États-Unis, et l'ouverture de nouvelles opportunités de marché en Asie.

La consommation de viande dans le pays est restée inférieure à la moyenne de l'UE. Le secteur de la viande bovine se ressent d'un changement des habitudes alimentaires en faveur d'une plus grande consommation de viande blanche. À l'exception de la viande bovine, le secteur a tiré profit du moindre coût des aliments pour animaux qui a permis aux marges de retrouver un peu de couleur. S'il est trop tôt pour évaluer les effets des récents avertissements de l'OMS sur les conséquences néfastes des viandes transformées sur la santé, les consommateurs italiens ont déjà réagi en réduisant leur consommation de viande. Nous surveillons ce sous-secteur plus étroitement que les autres du fait de ces différents problèmes et notre politique de couverture à son égard est plus restrictive.

Après avoir fléchi en 2014, le chiffre d'affaires de la distribution de produits alimentaires est reparti à la hausse en 2015. Cependant, cette croissance a été générée surtout par les grands distributeurs, les petits détaillants continuant à voir leurs ventes décliner. Les grands distributeurs sont mieux capitalisés, ils disposent d'une plus forte puissance de marché, d'un niveau de liquidités raisonnable et d'un accès aisé au financement bancaire, alors que les détaillants petits et moyens sont confrontés à un risque plus élevé de défaillance.

Le secteur italien de la distribution qui reste extrêmement fragmenté, connaît une concurrence croissante, un endettement important et de fortes pressions sur les marges. Par comparaison avec les autres grands acteurs internationaux du secteur, même les plus gros opérateurs italiens sont de taille nettement plus petite. Le processus de concentration en cours dans le secteur italien de la distribution devrait s'accélérer en 2016.

Depuis octobre 2012, une nouvelle loi ("l'article 62") fixe pour le secteur de l'agroalimentaire un délai de paiement maximum de 30 jours pour les denrées périssables et de 60 jours pour les denrées non périssables. Cette loi visait également à favoriser l'injection de liquidités dans la chaîne de valeur agroalimentaire italienne et devait contribuer à l'amélioration de sa compétitivité internationale. Mais à ce jour, ses effets sont encore limités. Très souvent, les liquidités supplémentaires ont été utilisées pour réduire les crédits bancaires à court terme, qui n'ont pas été remplacés par de nouveaux investissements. En outre, la conformité à la loi n'est pas suffisamment contrôlée. Nombreux sont les petits opérateurs qui ne respectent pas l'article 62, ce qui conduit à un allongement des conditions de paiement.
 

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